Sur un pot de yaourt, vous lisez « à consommer jusqu’au ». Sur un paquet de pâtes, « à consommer de préférence avant ». Les deux ressemblent à une date de péremption, mais elles ne disent pas du tout la même chose. Savoir les distinguer vous évite deux erreurs : manger un produit frais devenu risqué, ou jeter un produit sec encore parfaitement bon.
L’essentiel en 30 secondes
- DLC, « à consommer jusqu’au… » : c’est une date de sécurité. Après, on ne mange plus.
- DDM, « à consommer de préférence avant… » : c’est une date de qualité. Après, le goût ou la texture peuvent baisser, mais le produit n’est pas dangereux s’il a été bien conservé et que l’emballage est intact.
- Ces dates ne valent que pour un produit fermé et conservé comme indiqué. Une fois ouvert, suivez la mention « après ouverture ».
Dans toute l’Union européenne, les dates figurant sur les denrées préemballées sont encadrées par le règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Il fixe deux types de dates et la formule exacte qui doit les précéder. La France, la Belgique et le Luxembourg appliquent directement ce texte.
La Suisse, qui n’est pas dans l’UE, utilise les mêmes formules. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) les définit de la même manière : la DDM porte sur l’odeur, le goût et la couleur, la DLC sur la sécurité.
La date limite de consommation concerne les produits très périssables d’un point de vue microbiologique, presque toujours vendus au rayon frais :
Le ministère de l’Agriculture explique qu’au-delà de cette date, le produit peut présenter un danger pour la santé. Il ne peut plus être vendu et doit être retiré des rayons. Chez vous, la règle est la même : une fois la DLC passée, on ne consomme plus, même si l’aliment a l’air normal et ne sent rien de particulier. Les bactéries qui rendent malade ne changent pas forcément l’odeur ni l’aspect.
Sur l’emballage, la DLC indique au moins le jour et le mois. Elle est souvent accompagnée d’une température de conservation (par exemple « à conserver entre 0 °C et 4 °C ») : si cette consigne n’est pas respectée, la date ne garantit plus rien.
La date de durabilité minimale concerne les produits secs, stérilisés ou déshydratés : pâtes, riz, farine, café, biscuits secs, conserves, lait UHT, jus de fruits. Elle a remplacé l’ancienne DLUO (« date limite d’utilisation optimale ») en décembre 2014.
Selon le règlement européen, la formule change légèrement selon la précision de la date :
Passé cette date, le produit ne devient pas dangereux. Il peut perdre une partie de ses qualités : arômes, croquant, couleur, valeur nutritionnelle. Les services de l’État rappellent qu’il reste consommable si l’emballage n’a pas été abîmé et si les conditions de conservation ont été respectées.
C’est aussi pour cela qu’un produit dont la DDM est dépassée peut encore être donné, par exemple à une association d’aide alimentaire, ce qui n’est jamais le cas après une DLC.
Pour réduire le gaspillage, un décret du 17 novembre 2022 (n° 2022-1440), pris dans le cadre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), permet aux fabricants de compléter la DDM des produits fabriqués et vendus en France. Ils peuvent ajouter :
Ces mentions sont facultatives. Leur absence ne veut donc pas dire que le produit devient dangereux après la date : la DDM reste une date de qualité, avec ou sans cette phrase.
Au Canada, le vocabulaire est différent. Vous verrez surtout « meilleur avant », qui joue le rôle de la DDM : l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) précise que cette date ne garantit pas la salubrité, mais la fraîcheur et la qualité d’un produit non ouvert. Les aliments qui se conservent plus de 90 jours, comme les conserves, n’ont pas l’obligation de la porter.
La « date limite d’utilisation » canadienne est réservée à quelques produits : préparations pour nourrissons, substituts de repas, suppléments nutritifs. Une fois dépassée, on ne consomme pas.
Certains aliments n’ont ni DLC ni DDM. C’est le cas des fruits et légumes frais non transformés, du sel, du sucre, du vinaigre, des boissons alcoolisées, ou encore du pain et des viennoiseries normalement consommés dans les 24 heures. Pour eux, fiez-vous à l’aspect, à l’odeur et au bon sens.
Le plus difficile n’est pas de lire les dates, mais de s’en souvenir une fois le placard fermé. L’app gratuite Rappel de péremption pour iPhone vous permet de noter un produit en une ligne, par exemple Pâtes 7 paquets 22/3/2027, puis vous prévient avant l’échéance et vous envoie un récapitulatif chaque semaine. La liste peut être partagée avec votre foyer via iCloud, sans compte ni publicité. Télécharger dans l’App Store.
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Article d’information générale, qui ne remplace pas un avis médical.
Mis à jour : 29 septembre 2026